Dans ma chronique de ce jour je reviens sur deux sujets : sur la question de la mortalité maternelle et sur « le mouvement pour tous les démocrates » de Fouad Ali Al Himma.
Faut pas chercher de rapport entre les deux. Il n’y en a pas ! Du moins pas dans l’immédiat Mais cela n’exclu nullement qu’il puisse y en avoir d’ici quelque temps…
Je reviens sur cette question de mortalité maternelle parce qu’il s’est tenu, vendredi dernier au soir, un intéressant forum qui justement était consacré à ce thème.
Inutile de vous dire que j’ai été agréablement surpris par le nombre de ceux qui y ont assisté
Ils étaient en effet un peu plus de 250, femmes et hommes, il y avait même une femme ministre, à assister à ce deuxième rendez-vous de la santé qu’organisait le parti du progrès et du socialisme. Etaient là des médecins, des pharmaciens et des infirmiers, des secteurs public et privé. Etaient là aussi des étudiants, des hommes politiques de diverses sensibilités, des journalistes et des acteurs de la société civile. C’est dire que tout le monde a envie d’en découdre avec ce taux effarent de mortalité maternelle. Je rappelle qu’il est au Maroc de 227 décès pour 100.000 naissances vivantes et qu’en Angleterre il n’est que de 5 décès pour le même nombre de naissances vivantes. Vous conviendrez que l’écart est immense
Pour faire dans les comparaisons utiles, je dirais que les Tunisiennes et les Jordaniennes qui décèdent des suites d’une grossesse ou d’un accouchement sont respectivement de100 et de 62 femmes pour 100.000 naissances vivantes. Là aussi, l’écart est trop important et surtout inadmissible…
Le Docteur Menzhi, le délégué régional de la santé pour la Wilaya du grand Casablanca, lui, a expliqué dans son allocution que dans les prévisions du ministère de la santé publique, il est question de ramener ce taux, en 2012, à 50 décès pour 100.000 naissances vivantes.
Je veux bien partager l’ambition et l’optimisme du Docteur Menzhi, mais je ne vois vraiment pas comment on pourrait réduire d’autant, de 227 à 50, et en si peu de temps, en quatre ans, ce taux de mortalité maternelle qui depuis 2004 n’a pas varié d’un iota.
Ceci dit, je pense que le ramener aux environs de 100 à 120 décès en 2012 serait déjà un véritable exploit. Et avec un taux pareil, on ne fera certainement pas la fine bouche.
Pour y parvenir, il n’y a évidemment pas de recette miracle ! Il faut mobiliser un maximum d’acteurs de la société civile, les moyens humains et matériels de la santé publique, demander aux administratifs d’aller plus souvent prendre de l’air loin des bureaux, et cibler les régions enclavées les plus touchées par cette hécatombe.
Pourquoi j’insiste particulièrement sur les acteurs de la société civile ? Simplement parce qu’ils sont à même d’apporter le plus qui manque en matière de sensibilisation, de vigilance et d’alerte dans les régions les moins accessibles.
J’en arrive enfin au « mouvement de tous les démocrates ». Les choses semblent apparemment se clarifier de ce coté là. Et aux dernières nouvelles, il s’agirait plutôt d’une structure associative et non d’un parti comme l’avaient laissé entendre certaines sources.
On parle également d’une série de rencontres prospectives, mais de concertations aussi, qui auraient eu lieu avec les dirigeants de partis politiques. D’autres seraient à venir….
A la bonne heure ! C’est là justement l’approche qu’il aurait peut être fallu privilégier dès le début de l’annonce de la création du mouvement. Elle aurait pu éviter le climat de suspicion né dès après l’annonce de sa création.
L’information serait, bien évidemment, à prendre avec des pincettes.
Néanmoins elle reste largement plausible. Elle me semble mieux cadrer avec les ambitions affichées, du moins en matière de développement régional, depuis l’annonce de la candidature de Ali Al Himma aux précédentes législatives.
Je dirais, et c’est là juste une réflexion, qu’il est indéniable que si pareille structure associative venait à prendre forme et à s’atteler, entre autres et prioritairement, à la problématique du développement humain, beaucoup de choses changeraient assez rapidement. Assez rapidement, mais aussi de manière plus efficace. Parce qu’au vu des pointures, appartenant au monde de l’économie et de la finance, et celles proches des cercles ou se prennent l’essentiel des décisions, qui ont déjà annoncé leur implication dans le mouvement, il est beaucoup de chance de voir se concrétiser de nouveaux projets dans le Maroc profond, mais aussi des projets qui jusque là ont souffert de contingences bureaucratiques et autres….
Tout compte fait, je commence à prendre un peu plus au sérieux l’optimisme affiché par le Docteur Menzhi. C’est à croire qu’il ait été mis dans quelques confidences !
J’ose aussi penser qu’il est assez probable que la chute drastique de ce taux de mortalité maternelle commence au pays des Rhamnas. Et un peu plus tard ailleurs….
Et dans la foulée pourquoi ne pas afficher l’ambition de gagner une vingtaine de place dans le classement du PNUD. Ce serait aussi dans nos cordes si…
Et si Ali Al Himma nous surprenait !





25 février 2008
Chronique