Les dessous de l’affaire du journal Al Bayane

5 juillet 2009

Dossiers

Pour rendre plus lisible cette affaire j’expose aujourd’hui une partie des véritables dessous qui la sous-tendent. Toutefois,  pour des considérations que j’expliquerai plus tard, certains noms et certains faits ne seront divulgués que dans quelques jours.

Autant vous avertir aussi que ce sera un peu long. Je ne peux faire autrement pour expliquer à l’opinion publique une affaire dont la compréhension exige de nombreux éclairages.  

Ma relation avec le journalisme 

Mon premier contact avec le journalisme date d’il y a maintenant 35 ans. Pour arrondir les fins de mois difficiles d’un étudiant, j’ai commencé par travailler le soir comme correcteur -  des lichettes j’en ai corrigé - puis comme pigiste, au quotidien El Moudjahid à Alger, et ce de 1974 à1979. Je rappelle que ce quotidien tirait à cette époque à 500.000 exemplaire / jour    

Ma relation avec le quotidien Al Bayane, elle aussi, est très ancienne ; j y écris en fait depuis plus de vingt ans – vingt quatre ans pour être précis – et jusqu’au mois de mai 2008 je le faisais par militantisme. Bien évidement sans rémunération aucune.

Je tiens à préciser que mes contributions n’étaient pas des « points de vue ». J’étais chroniqueur – j’ai du écrire plusieurs centaines de chroniques, «  cris en thèmes », comme ça au pif : pas loin d’un millier – et je suis probablement le journaliste d’Al Bayane qui a écrit le plus grand nombre de papiers et d’analyses sur l’affaire du Sahara et sur les questions maghrébines pendant ces vingt dernières années. Des « points de vue », j’en ai également écrit un bon paquet sur les colonnes du quotidien « Libération », du temps où mon ami Mohamed El Gahs était aux commandes de l’organe francophone de l’USFP.

Jeune Afrique à, pour sa part, publié, dans un numéro de juin 1987, une réponse cinglante – « De quels sahraouis s’agit-il donc ? » en était le titre – que j’avais apportée à un papier écrit par le député européen – suisse – Jean Zigler ; papier publié sur les colonnes de jeune Afrique et à travers lequel ce dernier, qui était fervent défenseur je le rappelle du Polisario, tentait de faire accréditer la thèse de la viabilité des micro états, notamment celle de
la RASD.

C’est pour dire que si on m’a publié autant c’est que mes écrits doivent certainement avoir  quelques qualités…aussi petites soient-elles.

Mon arrivée au bureau de Rabat d’Al Bayane   

Ne pouvant plus exercer mon métier de base –chirurgien-dentiste – à cause d’un problème de santé relativement grave – c’est pour répondre à ceux qui ne comprenaient pas pourquoi j’ai abandonné une profession de très loin plus rémunératrice que le journalisme – j’ai décidé de m’adonner à la plus grande de mes passions : l’écriture journalistique. C’est ainsi que j’ai rejoins Al Bayane et c’est ainsi que la direction du journal m’a proposé, de sa propre initiative, de m’occuper du bureau de Rabat des deux quotidiens Al Bayane et Bayane Al Yaoum ; un bureau où exercent quatre autres journalistes dont aucun n’a fait une école de journalisme, ce qui est mon cas aussi. Aussi, sur les quatre, un seul a un diplôme universitaire : une licence en littérature arabe.

Pour des raisons, que je ne saisissais pas encore, deux des quatre journalistes et quelques membres dirigeants du parti – PPS -, dont des membres du bureau politique, n’ont pas admis ma désignation à la tête du bureau de Rabat. Je ne savais pas encore qu’ils allaient orchestrer, pendant un an et demi, une terrible cabale à mon encontre.

Pourquoi cette cabale et pour quels enjeux ? 

En fait, un clan au sein du bureau politique a fait prévaloir l’idée que j’étais l’homme de Ahmed Zaki, membre du bureau politique et directeur des deux publications du parti, que l’on voulait débarquer de la direction – C’est fait depuis maintenant une quinzaine de jours ; on y a mis la forme certes, mais personne n’est dupe ; Ahmed Zaki a bel et bien été débarqué – Aboutissement d’une guerre de chapelles que se sont livrés entre eux des membres du bureau politique. Une guéguerre qui ne m’intéresse à aucun titre. C’est pour dire que je n’étais pas plus l’homme de Zaki que celui de quiconque d’autre. Il est clair que l’on a distillé à escient cette raison pour tenter de justifier un tant soit peu le harcèlement que l’on m’a fait subir.

Cette situation arrangeait bien évidement les affaires des deux journalistes – Mehtat Rekkas et Zanoud Mustapha – lesquels, forts de la protection dont ils bénéficient auprès de certains membres du bureau politique, prenaient quasiment en otage le journal. Aucun des deux n’a pondu le moindre papier depuis mon arrivée au bureau de Rabat – 15 mois – La direction de ce dernier était  impuissante devant eux.

Une journaliste de « Libération » s’invite dans la cabale 

Et entre autres actes d’hostilité, on chargera une journaliste, Narjis Reghay pour ne pas la nommer, d’écrire un papier sur la presse du PPS – Al Bayane et Bayane Al Yaoum -. Ce papier, publié sur les colonnes de Libération, l’organe de presse de l’USFP qui est un parti objectivement allié du PPS, deux semaines après mon arrivée au bureau de Rabat, s’en prend vivement à la direction du journal – comprendre à Zaki –. Il lui est clairement  reproché, en me citant nommément, de m’avoir désigné à la tête du bureau de Rabat. Le papier en question, que des personnes bienveillantes avaient pris le soin de scanner, a été largement diffusé, anonymement il s’entend, auprès des membres du bureau politique et du comité central pour s’assurer que tout le monde allait le lire. Tout le monde le lira, mais  tout le monde comprendra aussi que la journaliste roulait pour le compte du clan opposé à Zaki et pour celui bien évidement des deux journalistes Mehtat et zanoud. Je n’ai évidement pas réagi à l’article de Narjis Reghay.  j’ai juste écrit, dans l’une de mes chronique, que « la raison d’être du cyclone Nar(g)is est naturellement celle de brasser du vent ».     

Une histoire de carte de presse      

Tapis derrière le syndicat national de la presse marocaine, SNPM, dont Zanoud est membre du bureau exécutif, les deux journalistes, qui tiraient les ficelles de l’intérieur du journal pour leur propre compte et pour celui du clan opposé à Zaki, se sont arrangés, de connivence avec Karim Taj, chef du cabinet du ministre et membre du comité central, pour que la commission des cartes de presse refuse de me délivrer la mienne au motif saugrenu que je n’ai pas fourni de document justifiant la cessation de mon activité de chirurgien dentiste ; un document dont on ne précise pas la nature et qu’on ne réclame à aucun autre journaliste. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir comment des personnes qui n’ont aucunement le droit de détenir une carte de presse, ont pu l’obtenir. Je ne divulgue pas de noms pour le moment, parce qu’une action a été introduite en justice. L’opinion publique doit néanmoins savoir que des cartes de presse ont été délivrées à des personnes salariées de l’Etat et à des personnes qui n’ont qu’un très vague rapport avec le journalisme.

Agression dans l’enceinte du ministère de la communication.
La MAP réagit…   

La suite on la connaît : j’observe un sit-in à l’intérieur du ministère de la communication, on m’agresse, sur instruction du chef du cabinet du ministre, puis on publie via l’agence officielle de presse, MAP, une mise au point – voir articles plus bas- truffée de mensonges et de contre vérités qui rappelle étrangement ce qui se faisait sous Basri.  

Comment le ministre de la communication, qui, plus est, est porte parole du gouvernement,  a t-il pu laisser utiliser les moyens de l’Etat, la MAP en l’occurrence, dans le cadre d’une sordide  affaire de règlement de comptes ? N’aurait-il pas été plus utile de consacrer les moyens humains et matériels qui ont été mobilisés, en moins d’une heure, pour la rédaction et la diffusion de cette mise au point, absurde sur tous les registres, à la promotion de l’image du Royaume et à la défense de son intégrité territoriale ?…La question reste posée.

Le président du SNPM aux abonnés absents 

Interpellé par moi, dès après avoir été agressé, Younes Moujahid, le président du SNPM m’avait promis de publier un communiqué du syndicat pour dénoncer cette agression. Le communiqué ne sera jamais publié. Près de cinq mois il ne l’est toujours pas. Devinez pourquoi ?

Et il n y a pas que celà : saisi par écrit, puis par le biais d’une lettre ouverte, mise en ligne sur la liste de diffusion Presse – Maroc, Moujahid ne réagira pas non plus. C’est tout de même curieux qu’il réagisse vite dès lors qu’un reporter de Reuters a un problème d’accréditation et qu’il ne le fasse pas quand un journaliste marocain se fait tabasser dans l’enceinte du ministère de la communication. En un mot comme en mille : Moujahid a joué la carte des alliances et a laissé ses amis Mehtat Rekkas et Mustapha Zanoud régler leurs comptes par SNPM interposé. Pathétique !

Les journalistes marocains savent tous de quoi tourne cette affaire de carte de presse qu’on me refuse.

Aussi, je mets Y. Moujahid au défi de pouvoir expliquer aux journalistes et à l’opinion publique pourquoi on me refuse ma carte de presse et d’expliquer éventuellement l’absence de toute réaction de la part du SNPM suite à l’agression dont j’ai été la victime.

J’ose espérer qu’il n’ira pas jusqu’à avancer que si le SNPM n’a pas dénoncé mon agression c’est parce que je n’ai pas ma carte de presse…Mon instinct me dit qu’il s’aménagera selon toute vraisemblance cette sortie.

La suite…dans un billet que je posterai demain

P.S : La lettre ouverte adréssée au président du SNPM : http://www.emarrakech.info/Lettre-ouverte-au-president-du-syndicat-national-de-la-presse-marocaine_a20539.html              

    

LES ANIMEAUX |
chez Gipsy |
Counter-inquiry |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | momomotus
| Essais SSS
| profitons de la vie, elle e...