Les 55 morts de l’incurie et de l’avidité !

28 avril 2008

Chronique

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55 vies parties, comme ça ! D’un coup…en fumée. Ça fait mal !

Ça fait terriblement mal que de voir se consumer, autant de vies humaines, sur l’autel de l’avidité des uns et sur celui de la cupidité des autres.

Ces métaphores peuvent peut être choquer, je le sais ! Néanmoins l’intention, comme vous devez vous en doutez, ça n’est pas de le faire.

Le but, c’est de dire combien peut être soudaine, malheureuse et inacceptable une tragédie qui fait une bonne demie centaine de victimes en très peu de temps. C’est de dire aussi toute ma rage, et celle, sans aucun doute, de millions de marocains qui ne peuvent ni comprendre, ni admettre, qu’on puisse perdre, en moins de six mois, autant de victimes des causes de l’incurie, du laisser-aller et de l’inconscience qui prévalent dans notre administration.

Nous avions soulevé, en moult circonstances, et attiré, plusieurs fois, l’attention des pouvoirs publics sur les catastrophes qui peuvent survenir, à tout moment, du fait du non respect des normes de construction et de sécurité lors de l’édification de bâtisses à usage d’habitation, à usage administratif ou à usage industriel.

Encore que dans le cas des bâtiments administratifs les normes sont relativement bien respectées. Pourquoi alors ne le sont-ils plus dès lors que le promoteur est un particulier ou une entreprise ? Tout simplement parce qu’il est un ramassis de corrompus qui sévissent en toute impunité dans notre administration, qui pourrissent la vie aux citoyens, et qui parfois, comme c’était le cas à Kenitra il y a quelques semaines et samedi à Lissasfa, abrègent, à la place du Mektoub, des vies humaines.

Difficile d’admettre en effet que des femmes et des hommes, partis deux heures plutôt pour aller travailler, se retrouvent soudainement et traîtreusement prises au piège d’un incendie qui prendra tout son temps pour les calciner et les asphyxier sans qu’elles aient pu avoir la moindre chance de pouvoir s’échapper d’une usine dont on avait pris le soin de sceller toutes les issues pour éviter, dit-on, d’éventuel vols.

C’est trop facile, et surtout trop tard, pour dire, maintenant que 55 personnes ont péri, que les fenêtres étaient grillagées, que les issues de secours étaient inexistantes ou que le proprio de l’usine ne respectait pas les normes de sécurité.

J’aimerais bien savoir où étaient les préposés aux contrôles avant que cela n’arrive ? Où étaient surtout les consciences de tous ceux qui avaient délivrées toutes les attestations de conformité aux normes de sécurité au promoteur du projet ?

Si questionnements et poursuites devront avoir lieu, ce qui nous semble être le minimum que les pouvoirs publics doivent faire dans pareils cas, il y aura lieu alors de remonter toute la filière administrative qui a eu à instruire les différents dossiers concernant cette usine.

Est ce d’abord une usine comme il s’entend juridiquement ? Si oui, le propriétaire se doit alors de le justifier. Si non, ce qui n’est peut être pas à exclure, cette affaire prendra alors une toute autre tournure !

Et si autorisation il y a, pour l’exercice d’une activité industrielle sur ce site, elle n’aurait pu lui être délivrée, en toute logique, que sur présentation d’un dossier complet contenant toutes les attestations de conformité nécessaires. Y compris bien évidement celles portant sur les normes de sécurité. Là, où un énorme doute est permis !

Même pour un non spécialiste, et rien que vue de dehors, cette construction n’a pas les allures d’une usine. Depuis quand construit-on des usines comme on construit des immeubles ? Sachant que les mesures de prévention les plus efficaces sont celles qui s’exercent en amont, dès la conception et la construction des locaux. Elles permettent de garantir de bonnes conditions d’évacuation, de mieux prendre en compte l’isolement, la séparation et les distances de sécurité pour empêcher, ou limiter, la propagation de l’incendie, ainsi que le choix des matériaux pour assurer la stabilité de la structure et réduire l’émission de gaz et fumées en cas de sinistre.

Vue de dedans, je ne vous dis pas que cette usine ne répondait, selon les réponses apportées à nos questions par ceux qui y travaillaient, à aucune des normes de sécurité exigibles. Pas de détecteurs de fumées, de chaleur ou de flamme, pas de dispositifs de désenfumage, pas de système de détection d’incendies, pas d’extincteurs mobiles, pas de robinets d’incendies armés, pas de cloisons ni de portes coupe-feux, pas d’issues de secours….

J’arrête à ce niveau la liste de ce qui aurait du nécessairement exister sur ce site avant la délivrance de toute autorisation pour l’exercice d’une activité industrielle potentiellement sujette à incidents du fait des produits et matières qui y sont stockées et qui y sont produites.

Observer 2 minutes de silence et de recueillement, le 27 avril de chaque année, à la mémoire des 55 victimes de Lissasfa serait le meilleur hommage que l’on pourrait rendre à cette classe ouvrière qui souvent paye cash l’incurie des uns et l’avidité des autres…

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