Les Ait Amer n’Ounfgou attendent le Roi

12 avril 2008

Chronique


Retenez bien ces deux noms: Ahmed Chouihat, et Ou Ali Hajir.

Il faut retenir ces noms parce qu’ils sont désormais associés à un tournant de l’histoire d’une région. Un tournant qui signe une rupture que nous souhaitons la plus profonde et la plus nette possibles.

Le premier a été remercié et remplacé par le second, qui, lui, est désormais le nouveau gouverneur qui vient d’être nommé par S.M Le Roi à la tête de la province de Khénifra.

Un wali ou un gouverneur, et quand bien même il peut être travailleur et bon gestionnaire, ce qui n’est malheureusement pas souvent le cas, ça n’est jamais très bon de le laisser trop longtemps à la tête de la wilaya ou de la province dont ils ont la charge.

Il va sans dire que cette nouvelle nomination, qui intervient dans la foulée de la visite du Souverain dans la région de Tadla Azilal, est doublement symbolique. Elle traduit d’abord, et sans aucun doute, la volonté de mettre un terme à la désastreuse gestion dont pâtissait particulièrement cette province, mais aussi et surtout la volonté d’une mise à niveau de ce Maroc profond qui ne cesse d’accuser du retard…Beaucoup de retard, par rapport au Maroc littoral.

À noter aussi qu’elle intervient peu de temps, on parle de quelques semaines, avant un assez large mouvement qui, dit-on, touchera le corps des walis et des gouverneurs. C’est dire qu’un changement à la tête de cette province avait également un caractère d’urgence.

Urgence ? Et comment ! Faut aller y faire un tour, dans ce coin là, pour constater de visu ce à quoi peuvent ressembler précarité, détresse et oubli. Et ce à quoi peuvent ressembler aussi, laisser-aller, insouciance et gestion hasardeuse.

Sans parler bien évidement de tous les autres signes de misère qui semblent s’être donné rendez-vous dans cette province du pays…

Tant mieux donc pour les citoyens de cette province qui, sans cette visite royale, auraient peut être attendue la saint-glinglin pour voir s’améliorer, un tant soit peu, leurs conditions de vie.

Cela m’amène à poser une question dont la nécessité est incontestablement avérée : faut-il attendre, à chaque fois, que ça soit Le Roi, Lui-même, qui fasse, à l’occasion de l’une de ses visites, le constat des carences dont pâtit ce Maroc profond, et qui décide des mesures d’urgence à prendre ? L’admettre reviendrait à réduire outrancièrement la fonction de Souverain à celle de pompier.

Il est, sans aucun doute possible, important que Le Souverain multiplie, comme Il le fait d’ailleurs, les visites à toutes les régions et provinces du pays, mais encore faut-il s’arranger pour qu’Il puisse y aller, pour sceller et affermir la symbiose qui unit la monarchie au peuple ; pour donner le coup d’envoi et pour inaugurer des projets de réelle consistance. Pas pour palier au plus urgent, ni pour rappeler aux autres ce qu’ils devaient faire des mois voire des années avant…

Et si l’on en croit les informations qui circulent, Le Roi aurait, semble t-il, piqué une assez vive colère en constatant l’état déplorable dans lequel se trouve cette province. Une province qui, ne serait ce que pour avoir été un haut lieu de la résistance, aurait mérité mieux que le sort qui, jusqu’au jour d’aujourd’hui, a été le sien.

La prochaine étape de ce long périple royal, dans cette région montagneuse du pays, sera Anfgou. Ça en sera aussi, et incontestablement, le clou. Parce qu’elle aura valeur de symbole.

Anfgou, ce village des Ait Amer n’Ounfgou, une fraction des Ait Hdiddou, enclavé et haut perché dans les montagnes de l’Atlas, a été, comme on s’en souvient, le théâtre, en 2006, d’un drame : une trentaine de personnes dont 26 bébés y avaient péri des suites d’une vague de froid. Une vague de froid comme ce village en vit une chaque hiver. Mais cette année là, à la rudesse de l’hiver est venue s’associer une épidémie. Une association aux conséquences que l’on sait…

Je ne remuerais pas le couteau dans la plaie en revenant sur un drame qui peut être n’aurait pas pu être évité, mais qui exigeait, tout au moins, une meilleure gestion de l’après drame. Ça n’a pas été pas le cas ! Cette gestion ne fut pas que laborieuse : elle fut pitoyable, scandaleuse et pour le moins ingrate à l’égard de résistants et de descendants de résistants, qui avaient et je le rappelle vaillamment participé à la bataille de Tazizawt, à quelques encablures d’Anfgou…

Le Souverain a accédé au souhait des Ait Amer n’Ounfgou qui ne raclement pas moins que de l’accueillir chez eux à Anfgou. Il ira pour s’enquérir de Lui-même et de visu de l’état des carences. Il ira aussi, et surtout, pour confirmer aux familles de ce village, que plus jamais ne s y produira un drame comme celui de 2006.

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